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- J-J. Pierrat (à droite) avec Jean-Marie Lehn, Prix Nobel de chimie, Exposition universelle de Shanghai 2010
LDS : Un cliché souvent entendu à propos de la Chine voudrait que ce pays copie sans innover. Est-ce vrai ?
JJP : Ce n’est pas vrai en tout cas pour la circonscription de Shanghai. Elle représente environ le quart du PIB national et le tiers du budget de la recherche chinoise. La relocalisation de la recherche privée nationale, régionale et internationale vers cette zone renforce cette tendance.
Au deuxième rang des dépenses nationales en recherche et développement après Pékin, la municipalité de Shanghai consacre environ 4,4 % de son budget aux S&T, soit environ 12 milliard d’euros par an.
Plus de 20.000 chercheurs et autant de doctorants répartis dans plus d’un millier de laboratoires sont actifs dans notre circonscription, qui compte au total près de 300 établissements d’enseignement supérieur. 24 des cent meilleures universités de Chine sont présentes dans cette région. Cinq occupent les 10 premières places du classement : Fudan et Jiaotong à Shanghai, l’Université des sciences et technologie de Chine à Hefei, l’Université du Zhejiang à Hangzhou et l’Université de Nankin (Nanda).
LDS : Ces chercheurs s’illustrent-ils dans des secteurs d’excellence particuliers ?
JJP : Pôle d’excellence chinois dans le domaine de la biologie, des biotechnologies et plus généralement des sciences du vivant, la circonscription abrite aussi de nombreux laboratoires dans le domaine des micro- et nano-technologies, de l’environnement ou du spatial. On trouve dans la province de l’Anhui, pourtant la moins développée économiquement de notre circonsicrption, le premier synchrotron de Chine ainsi que l’Institut de physique des plasmas de l’Académie des sciences de Hefei, qui participe au programme mondial ITER de fusion nucléaire. Cet institut a développé un tokamak entièrement supraconducteur dénommé EAST.
La région est aussi particulièrement impliquée dans l’innovation et le transfert de technologies. La municipalité de Shanghai à elle seule compte 42 incubateurs d’entreprises, regroupant plus de 2.000 entreprises qui ont créé près de 34.000 emplois et génèrent un chiffre d’affaires d’environ 1 milliard d’euros par an. Plusieurs parcs technologiques sont en cours de création afin de regrouper les compétences et les équipements dans des domaines stratégiques comme la mer, l’aéronautique et les télécommunications. L’établissement de recherche, d’enseignement et d’incubation de l’Académie des sciences de Chine, le SARI (Shanghai Advanced Research Institute), ouvrira ses portes le 26 décembre pour offrir une plateforme multidisciplinaire unique dans des domaines allant du biomédical à l’espace en passant par l’énergie, l’environnement, les nouveaux matériaux…
Enfin, de nombreuses multinationales ont choisi d’installer leurs centres de R&D dans la région de Shanghai afin d’accéder à des talents et à un marché en pleine expansion, mais aussi pour concevoir le plus en amont possible les produits les mieux adaptés à la demande asiatique et au reste du monde (reverse innovation). Avec un budget recherche et développement de 45 milliards d’euros, 7,7 fois plus important qu’en 2000, le secteur privé n’est donc pas en reste de cet élan national.
LDS : La France participe-t-elle à ce développement impressionnant ?
JJP : La coopération franco-chinoise est très dynamique dans le domaine de la recherche et de l’innovation.
Belle vitrine de notre coopération, l’Institut Pasteur de Shanghai, inauguré fin 2004, est rattaché à l’Académie des Sciences de Chine et soutenu par la Municipalité de Shanghai. Il a pour missions la recherche biomédicale, la santé publique et l’enseignement, dans les domaines des maladies infectieuses, de la virologie, de l’immunologie, de l’épidémiologie et de la vaccinologie. La deuxième phase de son développement passera par des bâtiments plus adaptés à la recherche, la création d’un bio-incubateur capable d’héberger et d’accompagner des start-up et l’accès à des laboratoires de haute sécurité.
LDS : Et les chercheurs dans tout ça ?
JJP : Chaque année, plusieurs dizaines de chercheurs français et chinois peuvent se rencontrer et travailler ensemble grâce aux programmes mis en place par le service pour la Science et la technologie du Consulat général. Si de nombreux chercheurs et étudiants se rendent en France pour des séjours de durée parfois importante, les déplacements en Chine de chercheurs français restent encore trop peu fréquents. Mon service est donc particulièrement attentif à tout projet de coopération incluant des séjours de chercheurs français en Chine pour des durées significatives.
Une veille scientifique permanente permet de développer de nouveaux thèmes de collaboration dans des domaines où les deux pays excellent.
Avec l’Exposition universelle, la recherche française a disposé en 2010 d’une vitrine exceptionnelle, que le service a mise à profit pour proposer une programmation riche et variée dans l’auditorium du pavillon France. En marge de l’Expo, le service a également lancé un nouveau programme, Xu GuangQi, du nom du scientifique originaire de Shanghai et disciple de Matteo Ricci. Son but est de promouvoir de nouvelles coopérations entre des laboratoires français et chinois. Devant le succès immédiat de ce programme, il a été décidé de l’étendre à toute la Chine. Ce projet vient ainsi compléter utilement la palette d’outils du service en matière de détection de talents : programmes France Talent Innovation (accompagnement de jeunes talents chinois dans leur découverte du monde scientifique français) et Cai Yuan Pei (soutien franco-chinois à des coopérations existantes du secteur privé ou universitaire).
Enfin, le service a maintenu son impulsion sur des initiatives lancées en 2009 telles que le café des sciences, le club R&D ou le portail Aurore.
Crédit photo : Jean-François Dars
- Stimuler l’attractivité de la France auprès de jeunes talents :
- Programme de découverte de la France pour les doctorants et jeunes chercheurs chinois de haut niveau ;
- Organisation de colloques avec nos meilleurs chercheurs, académiciens, Nobel, Médaille Fields.
- Encourager et soutenir la coopération scientifique et technologique franco-chinoise :
- Rencontres de scientifiques français et chinois afin de créer des opportunités de coopération ;
- Financement incitatif pour les projets de recherche collaboratifs naissants.
- Promouvoir les sciences et technologies françaises auprès d’un large public :
- Animation de la communauté scientifique de Shanghai : rencontres et discussions, conférences (23 dans le cadre de l’Exposition universelle 2010) ;
- Information sur l’actualité des évènements scientifiques à Shanghai.
Nos actions
- Le Club R&D :
- Groupe de travail des directeurs de R&D d’entreprises françaises implantées à Shanghai.
- France Talent Innovation :
- Proposé par le SST aux jeunes talents de la recherche ;
- Organisation d’une semaine de visite des meilleurs laboratoires et institutions de leur domaine ;
- Opportunité de nouer de nouvelles coopérations qui sont prioritaires pour Xu Guangxi.
- Xu Guangxi :
- Proposé par le SST aux projets de coopération franco-chinoise naissants ;
- Subvention à la mobilité s’élevant jusqu’à 5000 €.
- Cai Yuan Pei :
- Programme franco-chinois à l’échelle nationale ;
- Soutient les coopérations de long terme entre deux laboratoires français et chinois.
- Le Café des Sciences :
- Présentation ouverte à tous d’un sujet scientifique ;
- Discussion autour d’un café et de viennoiseries.
- Aurore sciences :
- Portail communautaire franco-chinois pour la science et l’université.
- www.aurore-sciences.org


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