Les coûts d’une expatriation en Chine

Le fait qu’une expatriation en Chine constitue une opportunité personnelle et professionnelle à saisir ne doit pas faire oublier que cette expatriation peut se traduire par des coûts élevés. A ce titre, il convient dès l’amont du projet de chiffrer ces coûts avec précision, afin d’éviter les mauvaises...

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Les coûts d’une expatriation en Chine

Paru le : 12 novembre 2008 / Dernière mise à jour : 23 juin 2011
Le fait qu’une expatriation en Chine constitue une opportunité personnelle et professionnelle à saisir ne doit pas faire oublier que cette expatriation peut se traduire par des coûts élevés. A ce titre, il convient dès l’amont du projet de chiffrer ces coûts avec précision, afin d’éviter les mauvaises surprises.
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Le coût de la vie en Chine, s’agissant des biens de consommation courants disponibles localement, se révèle généralement inférieur à celui d’une ville française. Toutefois, certains postes de dépenses, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé ou du logement, occasionnent des frais largement supérieurs à ceux habituellement consentis en France.

Au total, le coût de la vie, calculé en monnaie locale, n’apparaît pas si différent que cela d’une ville comme Paris (classée 12ème ville la plus chère au monde) pour Shanghai (30ème rang mondial), il n’est inférieur que de 9,2 % ; et pour Pékin, de 5,4 %(19ème rang mondial). En outre, l’inflation s’est accélérée en 2008, entretenue par la hausse des produits alimentaires, mais aussi celle du logement. Cette hausse a érodé le pouvoir d’achat, même si elle s’est par la suite modérée. En définitive, nombre de biens de consommation courante, notamment les vêtements, ainsi que le petit équipement ou l’électroménager par exemple, restent moins chers en Chine qu’en France. Ce constat ne vaut que pour les produits locaux, les produits importés étant aussi chers, voire plus.

La santé constitue un poste de dépenses important pour qui n’a pas recours au secteur public, cas le plus fréquent chez les expatriés, les hôpitaux et médecins locaux répondant rarement à leurs attentes. La grande majorité a donc recours à des soins de santé privés. La pratique plus fréquente de l’anglais y contribue également. Les coûts y sont alors élevés, notamment en situation d’urgence. En outre, les médicaments occidentaux reviennent plus chers en Chine qu’en Europe, du fait des frais de transport et des droits de douane.

Cette situation, ainsi que le fait qu’un expatrié ne relève plus de la Sécurité sociale française et ne peut, par ailleurs, relever de la Sécurité sociale chinoise, rend impérative la souscription d’une assurance volontaire, qui peut dépendre de la sécurité sociale française ou d’un régime privé.

En matière d’éducation, le système public chinois est fermé aux enfants des ressortissants étrangers. La scolarisation peut donc se faire :

  • dans une école française, reconnue par le ministère français de l’Education. L’Ecole française de Shanghai (de la maternelle à la terminale) est conventionnée par l’AEFE et l’Ecole du Petit Lotus bleu (maternelle et CP) est homologuée. Le cursus français est également accessible via l’enseignement à distance.
  • dans le système privé international (écoles anglophones, généralement). La Chine compte aujourd’hui 91 écoles internationales (dont les deux écoles françaises), soit 13 de plus que lors de la rentrée 2006.
  • dans le système privé chinois. Un tel cursus, qui peut être choisi pour l’apprentissage du Chinois, présente des spécificités : alors que l’enseignement en France tend à développer la synthèse, la compréhension et l’esprit critique, le système chinois est fondé sur l’apprentissage « par cœur » et tend à développer la mémoire plus que la capacité de synthèse.
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Le logement est un poste de dépenses crucial. Il nécessite de disposer d’une bonne information sur les formalités et les prix de location. Le passage par des agences immobilières, nombreuses à Shanghai, facilite ces démarches. Les loyers ont augmenté ces dernières années.

L’augmentation aurait dû se poursuivre à Shanghai, jusqu’à l’Exposition universelle en 2010. Toutefois, le ralentissement économique actuel entraîne une forte baisse des ventes immobilières depuis 2007. Ceci pourrait déboucher sur une baisse des prix de vente comme des loyers.

L’évolution à court terme est difficilement prévisible, compte tenu de ces tendances et de l’incertitude quant aux mesures à prendre par les autorités chinoises : alors qu’elles ont freiné la promotion immobilière ces dernières années, elles pourraient être désormais incitées, à l’inverse, à soutenir le marché.

Le personnel de maison constitue l’un des conforts d’une expatriation en Chine, du fait de la possibilité de disposer d’une aide ménagère à un coût très faible. Quelques expatriés optent pour la passation d’un contrat aligné sur les dispositions de la loi du travail et les minima de rémunération prévus par les réglementations locales ; nombre d’entre eux privilégient toutefois l’emploi « au noir », pourtant illégal et passible de sanctions. Par ailleurs, un ressortissant étranger ne peut pas disposer de la qualité d’employeur. Les contrats conclus sur ces bases sont, en conséquence, dépourvus de fondement juridique.

Il est donc recommandé de passer par l’intermédiaire d’un établissement assermenté, qui jouera alors la fonction d’employeur ; ceci permet de respecter la réglementation, mais aussi de s’épargner le calcul des cotisations sociales.

Le transport peut constituer une source de complications à Shanghai : d’une part, le prix des véhicules importés est supérieur aux prix européens. L’acquisition d’un véhicule assemblé localement se révèle moins onéreuse et ouvre les portes d’un service local d’après-vente bien distribué. D’autre part, l’importation à titre personnel d’un véhicule est contrainte – et, en pratique, rendue quasi-impossible – par la complexité des démarches et le montant des taxes.

Le nombre de plaques d’immatriculation est en outre contingenté à Shanghai, afin de contrôler la pollution et de fluidifier la circulation. Les plaques y sont vendues aux enchères ; elles atteignent des prix élevés, au minimum 40 000 RMB (4 000 euros). Il est également possible de se procurer une plaque dans une ville voisine, à un prix nettement moindre. Le conducteur pâtit alors de restrictions de circulation dans certaines zones de la ville, comme les autoroutes, aux heures de grande affluence.

En revanche, le prix des carburants est moins élevé qu’en France : il est maintenu à un niveau qui ne reflète pas la hausse des prix mondiaux, du fait du contrôle administratif des prix par les autorités, quitte à entraîner des pertes pour les compagnies pétrolières.

En matière de fiscalité, la France et la Chine ont signé une convention de non double imposition, entrée en vigueur en 1985 ; elle permet au contribuable d’éviter de payer les impôts sur un même revenu dans les deux pays. Ainsi, les revenus professionnels ne sont, en règle générale, imposables qu’en Chine, là où s’exerce l’activité. L’impôt sur le revenu est prélevé à la source, sur une base mensuelle, contrairement à la France. C’est l’employeur qui doit s’occuper de la retenue et du versement de l’impôt.

En plus de l’impôt sur le revenu, certains contribuables (ceux dont le revenu annuel est supérieur à 120 000 RMB, qui perçoivent un salaire de deux – ou plus – employeurs différents, ceux percevant un revenu à l’étranger, ceux n’ayant pas d’employeur pouvant réaliser le prélèvement à la source) doivent faire eux-mêmes une déclaration supplémentaire.

Les taux d’imposition s’étagent de 5 % à 45 %, avec des tranches de revenus imposés resserrées (par exemple, 20 % au-dessus de 5 000 RMB par mois). Cette échelle est adaptée pour des salariés chinois, qui disposent de revenus modestes ; elle peut en revanche se révéler coûteuse dans le cas de salaires expatriés.

La Mission économique de Shanghai a coordonné la rédaction d’un mémento pratique, qui passe en revue les principaux postes de dépenses d’un expatrié en Chine, et se propose d’aider les candidats à une telle expérience à réaliser leur projet dans les meilleures conditions.

Laurent Martin
laurent.martin missioneco.org

Pour plus d’informations, il est conseillé de se rapporter au mémento :
Chiffrage d’une expatriation en Chine continentale et à Hong-Kong
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