1. Pouvez-nous tout d’abord nous décrire votre parcours ?
Je suis venu faire mes études à Hangzhou, dans les années 80 et j’ai choisi de me spécialiser dans l’optique car j’aimais la couleur ! Cette spécialité était déjà très développée en Chine à l’époque. Puis pendant ma thèse un de mes professeurs m’a envoyé en France, à Marseille, en 1988 exactement. Je ne parlais pas un mot de français donc j’ai pris 3 mois de cours de français avant de partir. Mais quand je suis arrivé c’était quand même très difficile ! J’ai par la suite appris très vite grâce à mes amis français ! Je suis ensuite revenu à Hangzhou pour finir mes études et je suis devenu directeur de la faculté d’ingénierie (Université de Zhejiang).
2. Vous partez donc en 1987 à l’Université de Marseille, pendant un an. Pourquoi avoir choisi la France ?
Il y avait déjà à l’époque une collaboration entre l’Université de Marseille et celle du Zhejiang car la France était déjà très réputée dans le domaine de l’optique. Après la révolution culturelle, le premier étranger post-doctorant à venir dans notre université a été un Français. Donc notre département était très lié avec l’étranger et la France plus particulièrement. Par ailleurs en Europe il y avait peu de chercheurs donc c’était une bonne opportunité pour les Chinois de se rendre là bas.
Je pense que c’est toujours aujourd’hui une chance pour les Chinois de se rendre en Europe.
3. Qu’avez-vous retenu de votre expérience en France et quelle est aujourd’hui votre image de la France ?
Ce qui m’a impressionné tout d’abord était l’ouverture culturelle de ce pays. Son côté cosmopolite également m’a frappé. En France je pouvais voir des gens habillés différemment, des personnes de religions différentes ! Cela m’a profondément marqué à l’époque. Par ailleurs, j’ai eu l’impression que la France était un pays révolutionnaire, avec les grèves et manifestations qui s’y déroulaient… La différence de culture était pour moi énorme. Les gens travaillaient moins, surtout à la fin de l’année scolaire et le week-end !
Mais je conserve aujourd’hui cette image d’une France libre où chacun peut faire ce qu’il veut.
4. Vous êtes directeur d’un laboratoire spécialisé en optique, comment voyez-vous le développement des relations franco-chinoises au sein de votre laboratoire ?
En France il y a un haut niveau dans la recherche mais le problème est que très peu de jeunes veulent travailler dans les sciences, à la différence de la Chine. En Chine, beaucoup de jeunes étudiants très bons doivent aller à l’étranger, c’est très important pour nous. Donc les échanges et collaborations entre universités sont primordiaux !
Par ailleurs, en Chine, depuis quelques années les conditions de recherche se sont améliorées : les échanges peuvent ainsi désormais être à double sens. Les Français peuvent venir faire de la recherche en Chine, même si cela n’est malheureusement pas encore très fréquent ! C’est pourtant un excellent moyen pour évoluer d’avoir un échange de point de vue. J’espère vraiment qu’il y aura plus de Français qui viendront faire de la recherche en Chine.
5. Avez-vous d’autres projets et quels sont les défis que vous souhaitez relever ?
Je vais organiser une conférence internationale à Xi’an, sur le thème « une meilleure transmission par des traitements antireflets ». Par ailleurs je souhaite renforcer les relations avec l’Institut d’optique de Paris, notamment en intensifiant les échanges d’étudiants et de chercheurs.
Propos recueillis par Solène Mélot.



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