Interview du Dr. Zagury

Guillaume Zagury, médecin au Global Health Care de Shanghai, est un "Globe-docteur" aux casquettes multiples. Il nous décrit notamment son parcours, et sa participation à la campagne de vaccination contre la grippe A/H1N1 mise en place par le Consulat général à Shanghai.

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Interview du Dr. Zagury

Paru le : 7 janvier 2010 / Dernière mise à jour : 8 février 2011
Guillaume Zagury, médecin au Global Health Care de Shanghai, est un "Globe-docteur" aux casquettes multiples. Il nous décrit notamment son parcours, et sa participation à la campagne de vaccination contre la grippe A/H1N1 mise en place par le Consulat général à Shanghai.
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Dr. Guillaume Zagury
  • 1. Vous vous définissez comme « nomade ». Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ? Depuis combien de temps êtes-vous à l’étranger ?

J’ai toujours été attiré par l’étranger, l’inconnu, les villes aux noms inconnus, et les cadres exotiques. Mon parcours s’est simplement greffé sur cette passion. J’ai commencé la médecine à l’Hôtel Dieu, à Paris, soit pour faire de la médecine du sport ou humanitaire. Ensuite, j’ai fait mon service militaire comme médecin en Centrafrique, puis aux Sapeurs Pompiers de Paris. En 1989-1990, j’ai fait un MBA à HEC dans le cadre duquel je suis parti au Brésil, pour trois mois de stage, prolongés d’un an comme Directeur adjoint à la Chambre de commerce France-Brésil. Ensuite, j’ai accompli diverses missions humanitaires (essentiellement avec Médecins du Monde), en Afghanistan, au Liban, en Russie et au Rwanda. Sur les conseils de mon professeur de géopolitique à HEC, je suis parti en Chine en 1994 dans le cadre de mon internat pendant 6 mois.

  • 2. Depuis combien de temps êtes-vous en Chine ? En quoi consiste votre mission de médecin conseil du Consulat de France ?

Cela fait quinze ans que je suis arrivé en Chine pour la première fois, et dix ans que j’y suis installé en ayant exercé dans diverses endroits : Wuhan, Tianjin, Fujian… A Shanghai, le Consulat général de France m’a demandé d’être médecin conseil. Mon rôle consiste essentiellement à donner une expertise médicale dans les domaines qui sont les miens, à savoir ce qui relève de la santé publique, voire de la médecine d’urgence.

  • 3. Vos activités dépassent largement le simple cadre de l’exercice de la médecine. En quoi consistent-elles ? Etre médecin semble être pour vous plus une vocation qu’un métier !

Oui ! La médecine dans toutes ses dimensions est un outil technique de découverte de l’homme. Si l`on considère que le médecin n’est pas simplement un ingénieur de la santé (« soigner un organe »), mais qu’il se doit d’avoir une approche globale du malade.

Ainsi, je ne travaille que trois jours par semaine pour garder la fraîcheur et l’enthousiasme nécessaires, pour être vraiment attentif à chaque personne que je reçois dans mon cabinet. J’ai en outre une activité d’auteur puisque j’ai écrit de nombreux livres pédagogiques pour les internes et les médecins (série « Doc Protocoles » aux éditions Medicilline, « Médi-Memo » présentant les moyens mnémotechniques pour réussir le concours de l’internat, ou plus récemment un livre tout en photos avec Anne Lemmens sur l’évolution du nouveau né au jour le jour de J1 a J366.

  • 4. En décembre, le Consulat général a mis en place à Shanghai la campagne de vaccination contre la grippe. Vous en avez été un maillon essentiel. Quel rôle avez-vous joué ?

Avec l’équipe de Global Health Care, nous avons été là pour optimiser la mise en œuvre du processus de vaccination à grande échelle afin que tout se passe dans de bonnes conditions techniques (standardisation des indications, adaptation aux nombreux cas individuels…). Notons qu’à travers cet exemple, la relation Médecin / Malade a évolué, puisque le patient est parfois mieux informé que le praticien qui ne fait qu’accompagner la décision (nouveau concept de « Sharing Decision Process » où le patient décide du niveau de risque requis). Avec l’accès à l`information (cf. Internet) et les nouveaux risques émergents (sans recul scientifique pour avoir des certitudes), il y a souvent un « expert pour contredire un expert », et le médecin est ainsi incité à beaucoup d’humilité…

  • 5. C’est la première fois que la France organisait une campagne de cette ampleur. Comment cela s’est-il passé ? Que retenez-vous de cette expérience ?

Notons que seule la France a offert ce service à tous ses concitoyens en Chine, et tous ceux qui le souhaitaient ont pu être vaccinés. Sur le plan qualitatif, les effets secondaires potentiels (réactions fébriles, éruptions cutanées, etc.) ont été conformes aux chiffres attendus et, à ma connaissance, sont tous rentrés dans l’ordre sans complications. Par ailleurs, au niveau organisationnel, soulignons l’excellente gestion en amont et en aval du Consulat général de France ainsi que celui de l’équipe médicale de GHC.

Le mélange des genres (public-privé et équipes sino-françaises) peut ainsi donner d’excellents résultats.

  • 6. Quels sont vos futurs projets ?

Je suis encore à Shanghai pour au moins un ou deux ans, puisque mon épouse est chinoise et que nous avons un enfant en bas âge. J’envisage à terme de garder une activité médicale (par ex : 2js/sem.), et consacrer le temps qu’il me reste à des projets concernant la santé : qu’ils soient universitaires, éditoriaux, humanitaires ou industriels. Tout dépend des opportunités qui se présenteront !

Propos recueillis par Paul Moysan
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